lundi 8 septembre 2008

Sud Lipez et Salar d'Uyuni

Coucou les amis,

Comme cette étape a été riche en émotion quasiment tous les jours, je vais détaillé chacun d'eux.

J1: Départ en début d'après-midi de San Pedro de Atacama au Chili (2400m) avec dans les sacoches de la nourriture pour 8 jours (essentiellement des nouilles chinoises). On est chargé à bloc. Direct une grosse montée nous attend. On n'arrive pas au col ce soir et on bivouac en chemin.

J2: Passage du col Hito Cajon à 4600m et entrée en Bolivie sous le vent et le froid. On arrive finalement au refugio laguna blanca. On reserve notre guide, un dénommé Macario, avec un couple Suisse pour réaliser l'ascension du volcan Licancabour le lendemain.

J3: Réveil à 03h00 du mat. Petit dej rapide, on rejoint le pied du volcan en jeep et on se lance dans l'ascencion. On marche, on marche et on marche. Plus on monte, plus mes pas sont lourd et le souffle me manque. Après 4 heures de marche, on arrive finalement au sommet du volcan d'une altitude de 5960m. Pour notre guide Macario, 59 ans, c'est sa 467 ème ascencion du volcan. En forme le vieux.
Au sommet, le point de vue est magnifique. Ce fut vraiment une bonne expérience de montagne.
Après la montée, la descente fue rapide. Mais le retour en jeepàu refuge fue long du fait qu'on est tombée en panne d'essence. Macario à alors relié directement à la pompe une bouteille d'eau minérale remplie d'essence qu'il fallait remplir toutes les 5 minutes. Débrouillards ces Boliviens.
Finalement on a rejoint le refuge, on a mangé une soupe et au lit.

J4: On reprend les bicycles. On quitte la laguna blanca pour passer devant la magnifique laguna verde. Puis on passe un col à 4800m. Les premiers poussages de vélos sont au rendez-vous.
En chemin on peut apprécier les formations rocheuses dans le désert qui portent le nom de piedras de Dali. En fin d'après-midi, on arrive finalement aux thermas de Polques, juste à temps pour se baigner dans des eaux chaudes au coucher du soleil. Un moment romantique avec sa copine, beaucoup moins avec le Lucas.
Le soir on mange au refuge et on peut dormir au chaud aussi.

J5: C'est un col hors catégorie qui nous attends pour atteindre les geysers Sol de la mañana à une altitude de 5000m. Pas de chichi on mange avec les derniers rayons du soleil et on file se coucher avec toutes les couches possibles de vetements dans nos duvets. La nuit fue très fraiche.

J6: On visite les geysers. Ils sont différents de ceux qu'on a pu voir du côté chilien. Beaucoup plus coloré, beaucoup plus odorants en terme d'oeuf pourri (j'en profite pour larguer des caisses qui passent incognito) mais moins explosifs. C'est assez impressionant.
Puis on repédale jusqu'à la laguna Colorada ou l'on peut se restaurer et dormir au refuge histoire de récupérer un peu.

J7: Panorama sur la laguna colorada d'une couleur rouge (due à des algues) et peuplée de flamands roses. Ca ne vaut pas le lac du Bourget mais c'est beau quand même. Après avoir bien usée nos yeux, vins le tour de nos jambes. On doit pousser nos vélos dans du sable sur 14km. Sans doute parce que l'on a pas pris la bonne piste, on ne saura jamais. On arrive à l'Arbol de Piedra (4580m) completement fatigué où un vent glacial de folie nous attend. On arme la tente derrière des rochers on mange et on passe notre nuit la plus froide.

J8: Première rencontre avec un cycliste espagnol solitaire qui va dans l'autre sens. Nous on perd tout doucement de l'altitide. Et après avoir traversé le desert de Siloli on arrive à l'Hotel del desierto. On se paye un bon repas en compagnie d'une bande de boliviens-anglais-américains qui fêtent un anniversaire. Bonne ambiance.
On ne peut malheureusement pas se payer une chambre dont les tarifs sont chers, alors on est invité à dormir dans le dortoir des chauffeurs de 4x4 touristiques. Le chauffeur bolivien ronfle.

J9: D'un Hotel à l'autre. Aujourd'hui sur notre trajet se succedent laguna sur laguna, flamands rose sur flamands rose et vigogne sur vigogne. C'est pas beautiful ça.
On arrive le soir à l'hotel de la laguna Hedionda, mais c'est pas le même acceuil que la veille. Du coup c'est nouille chinoises et tente.

J10: Le matin, opération filtrage de l'eau d'un trou proche de la laguna. Alors qu'on s'apprête à partir, on rencontre un groupe de francais qui nous invite à partager leur repas. Que du bohneur, et merci les gars pour cette invitation qui nous a fait du bien.
Puis on se lance toujours plus en avant, avec cette fois le passage du paso Toun-Toun, où il faut de nouveau pousser du fait de nombreuses pierres. de nouveau nuit dans la tente.

J11: On part motivé pour rejoindre San Juan dans la journée. Mais je suis fatigué et je plante la tente dans le salr de Chiguana. Le Lucas lui continu pour rejoindre la ville le soir même.

J12: Je retrouve le Lucas à San Juan dans un alojamiento ma foi bien sympathique. On se tape une bonne bouffe avec viande de lama, une bonne bière et une douche. Il était temps.

J13: Journée repos à San Juan. On en profite pour visiter Necropolis en compagnie de notre ami Urbano. Necropolis était un cimetière pour les voyageurs qui ne passait pas San Juan, à l'époque où la ville était un point central des routes commerciales. J'éspère que ce ne serra pas notre cas.

J14: On quitte San Juan en bonne forme. On rencontre de nouveau d'autres cyclistes allemends dans l'autre sens et en vélos couchés. Bon courage. Le vent nous joue des tours et on avance moins vite que prévu. On bivouac avant l'entrée du salar.

J15: On continu. On rentre sur le salar de Uyuni. Très très impressionant. On part en direction de l'île Inca Huasi sans la voir en esperant qu'on est bon. Le vent souffle vraiment très fort. On avance comme des escargots. On doit camper dans le salar. Le montage de tente est toute une histoire avec le vent et les sardines ne se plantes pas dans le sel. Mais on arrive à passer la nuit quand même.

J16: Rebelote, le vent est toujours là, fort et glacial. Mais c'est pas le pire. Je me reveille avec une chiasse exceptionnelle. Pareil, on avance tout doucement en vélo et en plus toutes les 15 minutes je doit m'arrêter. Tel le petit Poucet, je marque notre passage, mettant un peu de couleur sur ce désert de sel d'une blancheur immaculée.
Très vite c'est la fin du papier hygiènique, alors me vint à l'esprit la fameuse maxime de Francis Kuntz disant: "Quand tu n'as plus de papier toilette, utilise ton lonely planet"
J'opère donc selon les paroles du maitre, je choisis la partie histoire du guide et tous le monde y passe, du premier chef Indien au dernier président Bolivien.
Bref j'ai passé plus de temps a chier qu'à pédaler.
Au final on arrive à l'île Inca Huasi le soir, je suis vidé physiquement et mentalement. C'est Riz, Coca Cola, Imodium et au lit.

J17: Mes problèmes gastriques sont toujours là mais je ne les détails plus maintenant. On visite l'île qui n'est pas très grande et on repart. Toujours un léger vent de face alors qu'on a changé de direction, décidement. On passe notre dernière nuit sur le salar.

J18: Dernière étape. On se motive pour arriver jusqu'à Uyuni. J'arrive vraiment fatigué mais heureux. On se cale dans un auberge où je me repose directement, puis on se lave et on va fêter notre arrivée dans un bon resturant.

J19: On visite la ville. C'est assez vite fait vue qu'elle n'est pas très grande. Pour ma part je visite surtout les toilettes de la ville qui laissent parfois à désirer.

Demain on prend un bus pour Potosi.


Cette expédition dans le Sud Lipez et le Salar d'Uyuni fue pour le moment la plus éprouvante du voyage mais les paysages que nous avons rencontré était vraiment de toute beauté et le fait de faire un trajet aussi long en autonomie dans ces conditions apporte un charme aventureux très interessant.

Sur ce je vous bises bien fort et à bientot


Une pensée spéciale pour mon Papa que j'aime fort.


Hasta luego


Pierrot